Faire parler le "Mur des Noms" à Cattenom
Plus de quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’émotion reste intacte. Dans le petit musée de l’association Catonisvilla à Cattenom, une dizaine de personnes se sont réunies pour participer à un atelier mémoriel animé par la Région Grand Est. Un moment de partage, d’écoute et de transmission, intimement lié à l’histoire des familles locales.
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Atelier Mémoriel - Région Grand Est - Cattenom - mars 2026
―E. Cheli - Région Grand EstMunis de leurs archives personnelles, de photos jaunies et de correspondances précieusement conservées, les participants avaient tous le même objectif : contribuer à l’enrichissement de la base de données Mémoires Grand Est. Cette plateforme recense les Alsaciens et Mosellans morts ou portés disparus durant la Seconde Guerre mondiale — qu’ils aient été incorporés de force, victimes civiles ou déportés. Déjà consultable en ligne, elle prendra bientôt une nouvelle dimension en étant intégrée au futur Mur des Noms, un monument mémoriel qui sera inauguré en septembre prochain à Schirmeck, au pied du Mémorial Alsace-Moselle.
Outil avant tout numérique, ce Mur des Noms permettra d’aller à la rencontre de l’Histoire, pour comprendre comment près de 40 000 personnes ont perdu la vie, qu'ils aient été incorporés de force, victimes civiles ou déportés. Les visiteurs pourront effectuer des recherches, naviguer parmi les fiches historiques, découvrir des récits de vie, des documents et des images qui redonnent un visage, une humanité à celles et ceux dont le destin fut brisé par la guerre.
Ce dispositif se veut pédagogique mais permet également d’entendre la voix des familles et de prendre la mesure des drames vécus sur les territoires alsacien et mosellan.
Souvenirs religieux de Malgré-Nous mosellans, morts pour la France - musée de la vie locale à Cattenom , association Catonisvilla
―E. CHELI - Région Grand EstPour Annick et Sandra, présentes lors de l’atelier, la démarche est particulièrement chargée d’émotion. Partager la mémoire de leurs grand-oncles et arrière-petits-cousins, Albert et Marcel, qu’elles n’ont pourtant jamais connus, était pour elles une évidence. Depuis des années, elles s’appliquent à reconstituer leur parcours : leur incorporation, leur vie sur le front, leurs souffrances loin de leur foyer et, finalement, leur mort au combat.
De même, Jean-Claude, qui a perdu ses deux oncles pendant la guerre, se souvient de la peine immense de sa grand-mère et partage son besoin de comprendre, de témoigner et de se souvenir.
Apporter ces fragments d’histoire familiale à la base Mémoires Grand Est, c’est à la fois honorer leur mémoire et combler un silence transmis de génération en génération, tout particulièrement en Moselle.

