Premières Rencontres Locales de l’Eau du Grand Est dans les Ardennes
Le point de départ de découverte des travaux menés pour sécuriser l'eau potable était à Lonny.
―Région Grand Est / Nathalie DiotCe jeudi 30 juin, la Région Grand Est a organisé les premières rencontres locales de l’eau dans les Ardennes. Après les Rencontres régionales de l’eau en 2024, ces Rencontres locales sont l’occasion de découvrir des travaux engagés pour reconquérir la qualité des ressources en eau, mieux prévenir les risques liés soit aux inondations, soit aux sècheresses ou encore sensibiliser les plus jeunes. Dans les Ardennes deux sites ont été choisis : la station de distribution de Lonny et le village de Sévigny-la-Forêt. La visite a eu lieu en présence d’élus et agents de différentes collectivités ainsi que de la conseillère régionale Pascale Gaillot, présidente de la commission environnement.
Les Rencontres Locales de l’Eau 2025
La deuxième édition des Rencontres Régionales de l’Eau, qui ont eu lieu à Madine le 22 octobre dernier, a permis de réunir environ 350 personnes, élus locaux, techniciens des collectivités, représentants associatifs, universitaires, entreprises, représentant des chambres consulaires pour échanger autour de l’adaptation au changement climatique et de la disponibilité des ressources en eau.
Les enjeux identifiés par la grande diversité des acteurs sont la qualité d’eau et des milieux aquatiques, le développement du territoire, l’économie locale, le tourisme et la gestion quantitative de l’eau.
Les Rencontres Locales de l’Eau sont désormais l’occasion de prendre connaissance des travaux engagés pour reconquérir la qualité des ressources en eau, mieux prévenir les risques liés soit aux inondations, soit aux sècheresses ou encore sensibiliser les plus jeunes. En effet, la présence en eau de qualité est un facteur essentiel à la résilience des territoires.
Les ressources en eau : une opportunité pour s’adapter au changement climatique
La région Grand Est est riche de ressources en eau importantes et des infrastructures considérables (2ème région en termes de linéaires de canaux) dont les usages et la gestion peut être adaptée pour assurer la résilience du territoire.
Le Grand Est c’est :
- 52 nappes (qui couvrent 93% des prélèvements en eau potable)
- 21 000 km de cours d’eau et 3 255 étangs et plans d’eau (dont 60 de plus de 60 ha) couvrant environ 260 km²)
- Avec 255 800 hectares, les « Etangs de la Champagne humide » sont le plus grand site Ramsar de France métropolitaine,
- 22 400 hectares pour la partie française de la zone Ramsar transfrontalière Rhin supérieur.
- 5 993 hectares pour les étangs de la Petite Woëvre
La densité de cours d’eau et de nappes donne lieu à de nombreuses zones humides qui, au-delà de leur intérêt en termes de biodiversité, sont un atout pour l’adaptation aux conséquences du changement climatique :
- Les cours d’eau bordés de zones humides voient leur étiage retardé en période estivale,
- Les zones humides ralentissent les écoulements en période de crues,
- Situées en amont des captages d’eau potable, elles limitent l’infiltration des pollutions diffuses.
Le rôle de la Région Grand Est dans le domaine de l’eau
La mobilisation de la Région se fait principalement via
- Ses aides avec un budget de 15 millions d’euros annuels :
o une politique dédiée à l’eau qui couvre à la fois la restauration des milieux aquatiques, la préservation des nappes et des captages, la mise en œuvre de programme de prévention des inondations. Ce sont en moyenne 200 projets aidés par an depuis 2020.
o une prise en compte transversale des enjeux « eau » dans les différentes compétences de la collectivité régionale matérialisé notamment dans les 45 actions de la feuille de route « adaptation au changement climatique » adoptée en 2023 (lycées, gare, agriculture, aménagement du territoire, santé, formation…). A titre d’exemple, les enjeux en termes de désimpermémabilisation / infiltration des eaux pluviales sont déclinées dans les politiques d’aménagement du territoire
o et la possibilité de mobiliser en complément des aides FEDER pour les projets les plus conséquents ;
- Animation de réseaux (inter-Schéma d’aménagement et de gestion des eaux - SAGE, inter-Plan d’action et de prévention des inondations PAPI, la plate-forme Deaumin’eau pour les gestionnaires de captages d’eau potable) de territoires (Plan Rhin Vivant, Plan Moselle et un plan Marne en cours de réflexion) et engagement dans la gouvernance locale (adhésion à tous les EPTB du territoire)
- Maîtrise d’ouvrage pour des études structurantes de façon à mettre à disposition les données nécessaires à la prise en compte des enjeux « eau » dans les documents de planification (SCOT, PAT, PCAET) ou encore l’observatoire régional de l’eau en cours de construction qui doit permettre de prendre en compte les enjeux « eau » quelle que soit l’échelle de travail : un bassin versant pour un SAGE, des EPCI pour un SCOT ou un PCAET, le ban communal pour un PLU.
Lors des Rencontres régionales de l'eau, le président Franck Leroy avec les membres de la cellule d'assistance technique (CAT) de la Région Grand Est, représentée dans les Ardennes, par Anaïs Bonotti.
―Région Grand Est / Anaïs BonottiL’adaptation au changement climatique
La Région Grand Est est particulièrement engagée dans l’adaptation du territoire aux effets du changement climatique et notamment dans l’accompagnement des territoires ruraux. Elle a pour cela approuvé en juin 2023 une feuille de route pour l’adaptation au changement climatique composée de 45 actions relevant de l’ensemble des compétences régionales et en avril 2024 un pacte pour la ruralité incluant notamment un dispositif pour soutenir l’accès à l’eau potable dans la ruralité.
Parmi les 45 actions de la feuille de route régionale :
• Diagnostic eau dans les 350 entreprises les plus touchées par le manque d’eau
• 50 établissements de santé équipés de détecteur de fuites (hôpitaux, Ephad…)
• Promotion de la désimperméabilisation des sites pour favoriser la recharge des nappes et la végétalisation des espaces publics : 100 cours de lycées et parkings et parvis des 398 points d’arrêt ferroviaire.
L’équipement du réseau potable du Syndicat Mixte d’eau Plateau de l’Ardenne
Le Syndicat Mixte d’eau Plateau de l’Ardenne est un syndicat de production d’eau potable qui alimente les collectivités suivantes : Rocroi, Bourg Fidèle, Blombay, Les Mazures, Gué d’Hossus, Taillette, Sévigny la Forêt, Rimogne, Harcy, Le Châtelet sur Sormonne, Sormonne, Remilly les Pothées, Renwez, Deville, Lonny, Murtin Bogny, Montcornet, Tremblois les Rocroi et Sécheval
Le syndicat souhaite s’engager sur un projet structurant visant la résilience de son système d’alimentation en eau potable. Les seules sources d’approvisionnement proviennent d’achat d’eau de collectivités voisines (Ardenne Métropole et le Syndicat d’Aouste), limitant les possibilités d’investissement à long terme et mettant à mal l’équilibre financier du service, en cas de fuites sur les réseaux. Le réseau est fragile et, en cas d’avaries, l’autonomie est de 18 heures. En cas de pollution de l’eau potable vendue, le syndicat est directement impacté.
L'objectif du projet développé est de garantir un approvisionnement en eau potable en qualité et quantité pour l'ensemble des collectivités adhérentes. Dans un premier temps des compteurs de sectorisation ont été posés afin d’avoir un suivi plus précis. A l'issue de ces travaux, des campagnes de recherche de fuite ont été lancées sur les secteurs identifiés et les fuites identifiées réparées. Le coût total de ce projet est de 270 000 € dont 20 000 € financés par la Région Grand Est.
Gestion intégrée des eaux pluviales à Sévigny-la Forêt
La commune de Sévigny-la Forêt (274 habitants) est située au centre du Plateau de Rocroi. Elle fait partie de la communauté de communes Vallées et Plateau d’Ardenne qui regroupe 31 communes pour 26 307 habitants. Située sur le bassin Rhin-Meuse, elle est drainée par les ruisseaux la Cense, le Saultry, la Ferrière, du Greffier, de Faux Pré et de Tremblois.
La municipalité a poursuivi son souhait d’amélioration du cadre de vie de ses habitants en créant un parking dans le prolongement du parvis de la mairie qui sécurisera l’accès à l’abribus et en installant une cuve enterrée pour l'arrosage des espaces verts, le nettoyage des voiries, des engins communaux et l'alimentation de la fontaine.
Le projet a permis de déraccorder près de 240 m² de surfaces par la fourniture et la mise en place de pavés à engazonner et de gravillons et 200 m² de toitures par la fourniture et l’installation d'une cuve enterrée de 10 000 L et la reprise des descentes d'eau pluviale. La municipalité a particulièrement soigné la plantation de végétations autour des places de parking ainsi qu’autour d’une fontaine raccordée en circuit fermé avec la citerne. Le coût total de ce projet est de 41 000 € dont 15 000 € financés par la Région Grand Est.
Publié le 1er juill.